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A la Réunion et aux Mascareignes une compagnie "low costs" ?

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Le Gouvernement Français a évoqué la possibilité pour faire baisser les « prix invraisemblables des billets  d’avion » à la Réunion de la création d’une compagnie « low-costs » :  idée épouvantable et criminelle selon les très « chers » PDG et dirigeants d’Air Austral. Penchons nous donc sur cette question.

A Kuala Lumpur, en Malaisie existe une compagnie « low costs », Air Asia, créée en 1993, qui, actuellement assure ses vols « low-costs » courts et moyens courriers avec ses 14 Boeing 737 et ses 20 Airbus 320

Examinons quelques exemples de vols et de prix recueillis sur le site de cette compagnie :

Kuala Lumpur - Singapour : 297 km  Temps de vol : 36 mn  Prix : 32,75 €  =  0,11 €/km

Kuala Lumpur - Langkawi : 454 km   Temps de vol : 47 mn  Prix : 20,94 €  =  0,04 €/km

Kuala Lumpur - Bangkok : 1 220 km  Temps de vol : 1 h 41 mn  Prix : 93,24 €  =  0,07 €/km

Kuala Lumpur - Ho Chi Min : 1 049 km  Temps de vol : 1 h 29 mn  Prix : 149,45 €  =  0,14 €/km

Kuala Lumpur - Hanoï : 2 100 km  Temps de vol : 2 h 43 mn  Prix : 138,43 €  = 0,06 €/km

 

Examinons maintenant les prix de notre très chère compagnie Air Austral :

Réunion - Maurice : 231 km   Tps de vol : 31 mn   Prix : 319,10 €  =  1,38 €/km

Réunion - Tana :  870 km  Tps de vol : 1 h 16 mn Prix : de 364,93 € à 506,93 € = 0, 41€/km à  0,58 €/km

Réunion - Dzaoudzi : 1 409 km   Temps de vol : 1 h 54 mn   Prix : 369,49 €  =  0,26 €/km

Réunion - Jobourg : 2 833 km    temps de vol : 3 h35 mn   Prix : de  554 € à 644 €  = 0,19 €/km à 0,23 €/km

 

Par curiosité ramenons les prix d’Air Austral à ceux d’Air Asia :

Le vol Réunion-Maurice coûterait : 231 km X 0,11 €/km = 25,41 €

le vol Réunion-Tananarive  coûterait : 870 km X 0,14 €/km = 121,80 €

Le vol Réunion-Dzaoudzi coûterait : 1409 km X 0,07 €/km = 98,63 €

Le vol Réunion-Johannesbourg coûterait : 2833 km X 0,06 €/km = 169,98 €

Bien sûr le niveau de vie en Malaisie est sans doute plus bas qu’à la Réunion, mais la forte différence constatée entre les prix d’Air Austral et les prix d’Air Asia, se retrouvent en Europe de façon identique entre les ex-compagnies nationales européennes, dont Air Austral n’est qu’un clone réunionnais, et les compagnies « low costs » européennes avec les mêmes niveaux de vie pour les deux.

Pour l’information de tous Réunionnais, il convient de préciser que cette compagnie « low costs » AIR ASIA  est en si bonne santé avec ses « bas prix » qu’elle n’a pas peur elle, comme Air Austral, de baisser ses prix puisqu’elle a commandé à Airbus Industries  100  Airbus 320, dont 50 fermes !

Dans ses conditions, la farouche opposition du PDG et des dirigeants d’Air Austral n’est-elle pas tout simplement justifiée par leur incapacité de gérer leur compagnie sans bénéficier de la rente de situation que leur constitue depuis 25 ans la formidable manne de l’argent public et sans les prix prohibitifs imposés sur une clientèle insulaire captive ? L’absence totale de réelles données chiffrées rend difficile la réponse à cette interrogation. Ne faudrait-il pas, comme pour les pétroliers qu’une commission d’experts se penche sérieusement sur la gestion de notre si chère compagnie locale ? La question est posée : aux Réunionnais d’y répondre ! 

Auteur : Collair
Catégorie : Politique
Publié le 02 décembre 2008 à 07:00:13
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Note: 7.0/10 (9 votes)


COMMENTAIRES L'auteur Rédacteur Invité

Quelles sont les priorités ?
Imaginons que l'idée avancée par Collair d'un billet Réunion-Maurice à 25€ soit concrétisée. On assisterait probablement à un exode massif des réunionnais vers l'île soeur en période de congés ce qui provoquerait une grave crise du tourisme à La Réunion. Sans compter la ponction supplémentaire dans les réserves mondiales d'énergie fossile, patrimoine de l'humanité. Et sans compter les effets sur le réchauffement climatique. L'action de Collair pourrait être considérée par les générations futures comme une incitation à la dégradation de la situation déjà préoccupante de notre planète... Il faudrait tout de même un jour placer les préoccupations écologiques avant celles du développement économique et de la croissance à tout prix. Non ?

Par jluc   Le 03-12-2008 à 12:04 Signaler un abus

Le coût économique de l'écologie
jluc la croissance du trafic aérien de l'île de la Réunion a d'abord comme justification première sa croissance économique pour lui permettre d'investir et de créer les ressources financières qui vont lui permettre tout en étant de moins en moins tributaire et dépendante des aides de la métropole qui commence à tirer la langue et de l'Europe qui ne nous apportera pas de façon illimitée en quantité et dans le temps les moyens pour nos enfants demain puissent s'assumer et assumer leur environnement insulaire durable. Agir pour réduire nos consommations d'énergie fossile est un enjeu qui a été lancé à la Réunion mais en a-t-elle les capacités financières seule aujourd'hui sachant que ses ressources proviennent de l'octroi de mer, donc de taxes sur les importations, y compris d'énergies. En développant nos revenus par l'export ( aérien et maritime) et par l'import de touristes, nous nous donnerons les moyens de simultanément réduire nos imports d'énergie fossile pétrole et charbon mais aussi de compenser avantageusement les manques à gagner de l'octroi de mer vitaux pour les collectivités. Pouvons nous à la Réunion contribuer seuls à modifier la source d'énergie nécessaire pour les avions ? Cest un travail de longue haleine qui se trouve sûrement freiné par le lobby mondial des intérêts des pétroliers. Va-t-on revenir à la navigation à voile avec des boutres et des goelettes transocéaniques? Que serait la Réunion si elle se fermait aux avions (kérosène) et aux bateaux (fuel) ? Possible ?

Par FRANCO   Le 02-12-2008 à 18:43 Signaler un abus

Et le coût écologique ?
J'aurais tendance à être séduit par votre argumentaire qui est très bien construit. Cependant, ces compagnies low-cost encouragent une croissance du trafic aérien dont on sait qu'il est hautement nuisible à l'environnement et contraire aux principes élémentaires du développement durable. Je vous invite à lire mes contributions ici même où je rappelle que la continuité territoriale entre la métropole et St Denis nous conduit à brûler près d'un million de litres de kérosène chaque jour et de produire plus d'une tonne de gaz à effet de serre par personne pour un vol aller/retour... Ne faudrait-il pas plutôt viser une diminution du trafic aérien ? Plutôt que de brûler de l'énergie fossile qui a mis des millions d'années à se constituer ? Qu'allons-nous laisser à nos générations futures ?

Par jluc   Le 02-12-2008 à 11:03 Signaler un abus
   

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