C'est dans le cadre de la « promotion de la créolité » que la commune de st Leu à lancé depuis quelques temps déjà un atelier de créole où l'apprentissage de la lecture, de l'écriture du créole est mis en avant. Cet atelier est animé par Jean François saint Omer militant de la langue créole. Il s'agirait pour ses linguistes de faire apprendre à l'enfant le créole, du moins mieux le maîtriser à l'écrit comme à l'oral, pour qu'il n'y ait pas de mélange avec le français. En d'autres termes il s'agirait de faire naître la conscience du bilinguisme de l'enfant créole afin qu'il ne pratique pas de « mélange » ou peut être qu'il sache à quel moment en faire...
D'abord parler de bilinguisme, c'est quelque part, accepter le créole en tant que langue mais aussi parler de bilinguisme c'est dire que le français fait aussi partie de notre langue maternelle.
Par ailleurs, cette volonté de dissocier le créole du français ne cacherait elle pas une vision puriste des langues? Vouloir dissocier le créole du français ne voudrait il pas dire qu'il ne faudrait pas mélanger l'une et l'autre? Oui et non.
Je pense et je ne suis sans doute pas la seule d'ailleurs, que cela serait un moyen de faire baisser le taux d'échec scolaire à l'école et donc favoriserait la réussite d'une plus grande majorité d'élèves. Quand on voit qu'au collège il y a certains élèves qui ne savent pas conjuguer un verbe au présent ou quand on leur pose une question ils répondent avec un mot en créole à la place. Cela fait peur ! Il m'a même été d'arriver de voir un élève de sixième à qui j'avais donné une punition (celle de recopier le règlement intérieur), de « recopier » le règlement à sa sauce et de manger des fins de mots tels que : « pour » qui devient « pou » ou « po », « je dois faire silence » qui est devenu « je doi fai silence »... enfin plein d'incidents qui m'ont alerté et qui m'ont bien montré qu'il était bien difficile d'acquérir les bases de français mais qu'il était tout autant difficile pour beaucoup d'approprier ce français comme « notre » langue aussi.
Savoir s'exprimer à l'oral comme à l'écrit est essentiel de nos jours même si on peut voir de nos jours, plus de manifestation écrite du créole, qui et un signe d'une volonté de faire valoir son identité créole. On peut voir par exemple sur certains « gabier » (mot créole) que l'automates nous interpelle en créole : « tape out code », ou « compose out code » je ne sais plus très bien. Dans les affiches publicitaires (télé ou 4X4) on retrouve aussi du créole. Mais le français n'en reste pas moins la langue « haute ».
Alors moi je dis, pourquoi pas immerger l'enfant dans la lecture et l'écriture du créole en même temps que son français, afin qu'il arrive dans la société en tant que bilingue et qu'il puisse lui aussi s'adonner à des stratégies de langues (mélange de langue) qui à mon sens relève plus d'une force que d'une faiblesse. Pourquoi ? Parce que cela prouve à mon sens que l'on peut varier son langage, qu'on sait donc comment alterner prise de parole en créole et prise de parole en français. C'est comme quand on est fière d'apprendre l'anglais et/ou l'espagnol et qu'on veut faire comprendre à l’autre en face de soi (qui à le même niveau de langue que nous au minimum), quelque chose de significatif ou dire quelque chose de secret en public sans que pour autant que personne n'en entende mot. Le langage est alors là un outil pour coder ses idées et c'est en ce sens qu'elle est une force. Mais c'est vrai que le mélange peut être aussi un signe de faiblesse puisque quand on ne sait pas dire quelque chose entièrement en français on peut passer par le créole et vive et versa.
Alors quand je vois qu'à st Leu, ils entreprennent ce genre de démarche, je dis bravo, c'est une bonne idée, et je trouve aussi bien le fait de faire connaître les oeuvres Réunionnaises écrites en Français comme en Créole. Nous avons beau dire que le créole est une langue orale, mais moi je trouve qu'à l'écrit on peut retrouver aussi toute sa poésie et toute sa force. Je sais que l'apprentissage du créole à l'école est très controversé, mais chacun à son avis. Moi j'ai le mien et je l'ai partagé avec vous.
Quel est le vôtre ?




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