Après la traduction des célébrissimes aventures de Tintin en créole par Monsieur Angama, militant de la langue créole, voilà qu'il s'attaque désormais aux épisodes de Lucky Luck! Un réel travail de traduction, de mise en forme « à la sauce créole » auquel s'atèle cet amoureux de la langue. Une entreprise qui s'annonce d'ores et déjà excitante intellectuellement pour l'auteur et son éditeur, mais qui paraît pour le peu moins attrayant pour le lecteur qui n'a pas l'habitude de lire le créole. Ce livre serait il encore une fois destiné au groupe d'élites qui construit le champ littéraire Réunionnais, ou son but final serait il d'être l'un des supports de lecture pour le jeune Réunionnais de demain qui voudrait apprendre à lire et à écrire le créole à l'école? Finalement à quel type de lectorat pourrait bien s'annoncer ce type d'ouvrage?
Certes le travail est gratifiant pour l'auteur qui apporte sa pierre à l'édifice de l'élargissement du champ littéraire Réunionnais, mais au final à quoi nous servirait d'apprendre à lire et à écrire le créole puisque nous avons déjà le français comme langue de socialisation et comme langue prestigieuse qui permet l'éducation et l'accès à une meilleure insertion sociale? Je ne descends pas le créole mais laissons le libre comme il l'était pour nos ancêtres ! Ne le cantonnons pas à une graphie, à des règles qui dénatureraient sa beauté au final ! Je comprends la volonté de toute l'élite Réunionnaise qui s'efforce de vouloir créer un patrimoine fixe pour nos enfants, et qui veulent que certaines expressions, certains proverbes restent à jamais gravés dans l'Histoire de notre langue, mais mon avis reste quand même partagé sur la question. Je pense que malgré tous les efforts dont ces personnes là font preuve, je pense qu'il sera très difficile d'emmener le créole vers l'apprentissage scientifique de sa langue et de changer les habitudes de lecture déjà que le français s'avère difficile d'apprentissage pour certains. Peut être que je me trompe, je ne sais pas, mais voilà j'ai dis mon avis sur le sujet maintenant qui vivra verra.
Il y a beaucoup de manifestation autour de la langue créole dans les medias : exemple de la limonade cot ; dans les publicités qu'on retrouve dans nos boites aux lettres, des noms de site internet qui relèvent de jeux de mots de sonorités créoles : clicanoo, musicanoo ou encore exprimanoo... en somme autant de stratégies langagières et communicatives qui font un clin d'oeil au public créole et qui visent du même coup à créer, à mon sens, une certaine proximité avec le public francophone. Tout est fait pour que finalement, inconsciemment, un sentiment nationaliste nous réunisse quelque part, pour que nous nous sentions appelé vers telle ou telle enseigne...mais dans le cas de l'écriture et donc de la lecture comment pourrions nous créer une rencontre entre tous les types de lecteurs et ce « livre » qui nous fait déjà peur, dans le sens nous appréhendons quelque part la lecture du créole, et dans le sens où nous pourrions nous trouver au bout du compte diminué devant une langue que nous sommes sensée maitriser et que nous nous trouvions en échec devant elle!
Au final, le livre écrit en créole serait il diabolique ou salvateur pour le créole?




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