A la Réunion, du côté de Cambuston, des milliers de fidèles défilent à l'intérieur d'une église pour apercevoir le dossier d'une chaise d'un prêtre. Le tissu aurait pris la forme du visage du Christ. Où allons-nous, Seigneur !!!
La différence entre l’homme et la majorité des espèces animales réside dans son pouvoir d’utiliser la partie frontale du cerveau, siège principal de la représentation, de la réflexion et de l’imagination. A partir de là, l’homo sapiens n’a pas tardé à inventer quantité d’ustensiles pour satisfaire les besoins de la vie courante : pierre taillée, lance, arc et flèche, …
L’invention progressive de nouvelles techniques, la colonisation de la Terre et l’exploitation des richesses naturelles ont abouti à l’émergence de civilisations diverses, avec des aspects positifs ou négatifs suivant le point de vue de l’observateur. Parallèlement à cela, la partie primitive du cerveau, enraciné dans l’animalité, est également le siège d’émotions et de pulsions à travers lesquelles l’affectivité et l’agressivité s’expriment quotidiennement. Représentation et émotion se combinent alors dans un désir propre à l’espèce humaine de comprendre le monde, le pourquoi de la vie, la mort, l’univers, l’espace et le temps.
Face à la mort, les angoisses sont multiples et variées et la croyance à un au-delà a facilité, de génération en génération et selon les cultures, l’émergence de religions. Le poids de ces dernières dans l’éducation des jeunes est alors capable d’influencer le cerveau dans sa complexité et les explications religieuses sont prises alors pour réelles, voire scientifiques : les apparences, la vue, les sens en général passent sous le commandement de la croyance. Jeune coopérant à Dakar, j’ai le souvenir de l’apparition d’une image sur le mur extérieur d’un immeuble : elle représentait, grosso modo, le personnage de Cheikh Amadou M ‘Bamba, chef suprême des Mourides. Les pèlerins venaient alors par milliers, priaient, s’agenouillaient et photographiaient … jusqu’à ce que la tache d’eau en provenance de la fuite du 2° étage sèche définitivement au soleil.
Dernièrement, au moment du pèlerinage à La Mecque, des milliers de croyants ont crû reconnaître dans le ciel l’inscription d’Allah tracée par l’accumulation hasardeuse de nuages. Qui n’a pas imaginé en regardant l’évolution des nuages dans le ciel tantôt une fleur, un avion, la tête d’un personnage …
Et voilà qu’aujourd’hui, le tissu du dossier de la chaise d’un religieux, dans un lieu où les fidèles sont spirituellement pré-conditionnés, semble prendre la forme d’un visage ; certains voulant y voir celui du Christ. De part le monde, l’homme a besoin de repères pour continuer à faire face à la dureté de la vie. Très souvent, les conflits et les crises ne font qu’accentuer ce phénomène. On n’a peut-être pas fini d’entendre parler d’apparitions et de miracles !!!




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