Par Arrêté Préfectoral n° 2259 du 2/09/08, le Préfet de la Réunion envoie en plein milieu de matinée les gendarmes au pied du volcan pour verbaliser les randonneurs (locaux, étrangers, femmes, enfants) qui osent s'aventurer sur les pentes du Piton de la Fournaise. Au lieu de mettre en place une politique de prévention (dans les endroits à risque), voilà que les autorités préfectorales engagent une politique de répression contre les tranquilles randonneurs considérés à présent comme des délinquants. Une volonté de mettre le peuple pépère au garde-à-vous ou de casser le tourisme réunionnais ???
Depuis quelques jours, le volcan lapété ! Dans le cratère Dolomieu, une petite fissure balance son crachat de lave flamboyante. Une fumée légèrement rougeoyante s’élève à la verticale de l’éruption et dès 7h du matin, des centaines de randonneurs, touristes ou Réunionnais, s’empressent de se garer au pas de Bellecombe pour descendre dans l’enclos et profiter de ce spectacle unique au monde.
Une fois passé le petit « Formica », les points de peinture blanche sur le plateau indique le chemin à prendre. Un arrêt de récupération à l’ombre de la Chapelle Rosemont et de-ci de-là des panneaux de signalisation : le site serait-il fermé ? et pour quelles raisons ? Une des chaînes faisant office de barrière est à même le sol et tôt le matin, les tee-shirts et casquettes des montagnards dessinent une chenille en direction du sommet. La montée s’avère difficile mais quelle récompense pour les marcheurs de tout âge et souvent de différentes nationalités.Un bon casse-croûte ; la mer de nuage commence à frôler la pente et s’engouffre doucement dans les recoins des parois du cratère.Sourire aux lèvres, les enfants en tête, la descente ne sera qu’une formalité.
Entre temps, la presse locale a mis en avant l’attitude de ces citoyens de la nature qui osent, soi-disant, ignorer la loi. Du côté de la préfecture et de certaines gendarmeries, il est inconcevable d’en rester là. Force doit rester à la loi (aussi bête soit-elle) ! Mardi 30 décembre 2008, 10h30 du matin, la brume envahit en douceur les alentours. Deux gendarmes franchissent d’un pied ferme le plateau, dépasse la Chapelle et s’installent avec autorité devant les fines chaînettes. A partir de là, dans un lieu des plus magico-majestueux de la Terre, va se jouer une scène unique au monde : les deux hommes en tenue bleue, pistolet à la ceinture et gros carnets de procès-verbaux à la main vont arrêter toutes les personnes rebroussant chemin :
- « Que faites-vous là ? », - « Vous n’êtes pas au courant ? » ; - «Tant pis pour vous » ; - « Donnez-moi votre nom, prénom, nom du père, de la mère, adresse à la Réunion, en France, …. ».
L’enquête pour haute délinquance est lancée et les amendes pleuvent. Ainsi, au lieu de se placer de bonne heure à l’entrée de l’enclos, de prévenir poliment les gens, d’interdire l’accès aux personnes chaussées de « deux doigts » et aux tous jeunes enfants, au lieu de faire un réel travail de prévention, la gendarmerie nationale, sous l’autorité du préfet, a lancé ce jour une grande opération « anti-randonneur » se concrétisant par des tas de PV, qui feront probablement office de « prime aux résultats ».
Le spectacle fut grandiose et la Réunion, encore une fois, remonta de dix points dans le baromètre de la bêtise « balado-touristico- humaine ».




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