L’affaire Jean Sarkozy est sur toutes les lèvres. Un « gamin » sans réels bagages politiques obtient un poste à responsabilité qui gère pas moins de 150 000 travailleurs. Alors, réel « légitimité » ou usurpation totale rendue possible par la seule grâce du Nom ?
Ce qui arrive en ce moment est tout simplement inédit, pas seulement en France, mais dans l’Europe entière. A gauche on ose lancer le terme de « Népotisme », une pétition lancée par le MoDem circule, et même à droite, au sein même de l’UMP certains évoquent une « maladresse » du Chef de l’Etat. Pourtant tous connaissent exactement depuis deux ans l’influence zélée de Nicolas Sarkozy quand il s’agit de s’occuper de la carrière de son fiston. Tiens, n’est-ce pas cela justement être népotique ?
Jean Sarkozy s’explique aujourd’hui sur le site internet du Point.fr et tente difficilement de justifier son élection à la tête de l’EPAD par une réelle compétence de sa part. Mais lorsqu’il affirme « les citoyens qui m'ont élu me jugent sur mon action, sur mes propositions » il faut tout de même nuancer certaines choses, comme cet excellent article de Marianne l’explique : Sans les votes de la majorité UMP et des représentants de l’Etat au Conseil d’Admnistration de l’EPAD, Jean Sarkozy ne pourrait gagner. Il ne s’agit pas d’une élection, car les dés sont déjà jetés.
8 des membres du Conseils d’Administration sur les 17 sont des représentants de l’Etat. 8 autres sont nommés par les collectivités locales (4 de gauches, et 4 de droites) et enfin le dernier membre est nommé par la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Paris.
Le décompte est facile ; sur les 17 voix, il en a forcément acquise déjà 12. Il lui faut cependant obligatoirement les 8 voix des représentant de l’Etat pour gagner, mais chose amusante, s’il les obtiens (ce qui ne serait être autrement), il est alors automatiquement nommé par l’Exécutif, c'est-à-dire par le Chef de l’Etat, son père.
Pour finir, qui dit élection dit candidats. Il faut savoir qu’en face de Jean Sarkozy il y aura vraisemblablement Patrick Jarry, maire de gauche de Nanterre. Je le vois mal acquérir plus de 5 voix…
Cette élection n’en est absolument pas une ! C’est bel et bien une nomination par Nicolas Sarkozy lui-même d’un membre de sa famille à un rôle prépondérant pour l’avenir des 150 000 travailleurs à la Défense. Nicolas Sarkozy ose lors de son discours sur la réforme du lycée saluer leur création en 1802 qui signifiait la fin des privilèges de naissance, et d’ajouter « Cela voulait dire : désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est d'avoir travaillé dur et d'avoir fait la preuve par ses études de sa valeur. »
Il faudrait peut-être alors que Jean Sarkozy finisse au moins sa deuxième année de Droit, qu’il obtienne sa Licence (bac+2) et qu’il fasse quelques stages en entreprises, et que dans 5 ans il revienne briguer ce poste. Ces justifications en seront sans doute plus plausibles qu’à l’heure actuelle. De toute façon, il n’a pas à s’inquiéter, même un jeune diplômé Bac+5 de 25 ans ne pourra lui voler ce poste sans la grâce du nom.
Pour finir, j’ai vu le dessin de Niconardo d’aujourd’hui, et il reflète exactement l’état d’esprit dans lequel nous devrions tous nous trouver aujourd’hui : la révolte. Voir que notre Chef de l’Etat lui-même bafoue les instances démocratiques de notre pays en faisant usage de Népotisme était encore inconcevable il y a quelques années. Bien entendu, le piston à toujours exister et fonctionner. Mais j’aime à répéter qu’il y a une différence entre un piston pour un petit job l’été et l’avènement sur le devant de la scène d’un fils sans compétences à la tête d’une instance prestigieuse et délicate à gérer. (Toute ressemblance avec des personnalités politiques réunionnaises est bien entendu fortuite).




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