Amateur de toile et des salles obscures préparez vos mirettes, car bientôt débarque sur vos écrans (si ce n’est déjà fait) Le prophète le dernier film de Jacques Audiard.
Dans cette micro société, évolue Malik un jeune homme de 18 ans condamné à purger sa peine au milieu d’autres prisonniers moins angélique que lui.
Ce sont les différentes facettes de la vie carcérale que le spectateur découvre en même temps que Malik : privation, humiliation, instinct de survie sont les maîtres-mots de ce monde régit par ces propres règles.
Pour ne pas sombrer, le jeune homme va devoir composer avec les « parrains » de cette mafia sous surveillance, jusqu'à devenir a son tour un kaïd, un loup qui accepte de chasser pour ne pas devenir lui-même une proie.
Comme bon nombre de film qui traite de ce sujet, le prophète soulève dans le monde politique et social une vive controverse. Chacun reçoit ce film de manière différente c’est certains. Quand on connaît la triste réputation des prisons françaises, on ne peut pas ressortir de la projection comme on y est rentré. Outre le sujet premier du film qui est la rivalité entre deux camps ennemis, c’est aussi une immersion totale que vit le spectateur, au risque d’en être si ce n’est bouleversé en tout cas très touché de ce que le réalisateur lui montre tout le temps du film.
Pourtant ce qui semble réellement inquiéter certains de nos politiques, ce n’est pas tant la vision de la prison, puisque ce n’est pas une première, mais le risque d’émulation que pourrait provoquer le personnage du jeune Malik (Tahar Rahim). Certains d’entre eux interrogés en fin de projection (la secrétaire d’état Fadela Amara par exemple), on clairement laissé entendre, qu’ils craignent que les jeunes des quartiers dit sensibles se laissent prendre un peu trop par ce prophète qui leur ressemble un peu.
Il me semble que d’une part c’est enlevé toute sa qualité d’œuvre cinématographique au film de Jacques Audiard, mais c’est aussi accorder peu de confiance aux jeunes des quartiers sensibles, qui risque sans doute de percevoir ce film de manière différente soit, mais qui savent sans doute en retirer la part de fiction et ne pas voir cette vision de la prison comme un plaidoyer et une incitation à tous faire pour devenir à leur tour des Malik en puissance.
Les jeunes des guettos, des banlieux, des quartiers sensibles ne sont pas dépourvu de sens critique et de talents artistiques, bon nombres d’entre eux on trouvé dans le 7ième art une voix royale pour sortir de leur précarité et porter haut les couleurs de leur minorité.




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