On parle bien souvent de l'orientation après le Bac, mais il y a aussi la question de l'orientation bien avant cela ! Monsieur Zerwetz, Directeur de la CIO ( Centre d'information et d'orientation ), parlait à juste titre du rôle du conseiller d'orientation psychologue qui était sensé d'après la personnalité de l'élève déterminer si la vocation de ce dernier était faite pour lui ou pas, si toutefois, le jeune avait une idée de ce qu'il voudrait faire de sa vie. Mais dans les faits, est ce vraiment ce qu'ils font?
Personnellement étant jeune je ne savais que trop faire pour l'avenir, et donc soucieuse de mon futur, voyant les autres déterminés et choisir telle branche ou telle branche pour tel métier. Je m'étais donc rapprochée du conseiller d'orientation pour voir si je pouvais avoir des informations sur les métiers de l'esthétisme, de l'éducation un peu de tout car je ne savais vraiment pas quoi faire de ma pomme. J'étais en seconde, et j'avais un profil littéraire depuis toujours. Oui mais que faire avec un Bac L ?
Et je suis donc sorti de la salle avec un tas de livret avec des noms et des métiers que je ne comprenais pas. J'ai dû mener ma propre enquête, faire preuve de bon discernement et trouver ma voie presque toute seule comme une grande. Mais j'avouerai que ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir une force de caractère! Bien souvent nous sommes jugés d'après une note, alors qu'il y a des enfants qui ont de réels capacités mais qui ont des problèmes familiaux conséquents et qui ne savent pas gérer leurs problèmes, il y a ceux qui n'adhèrent pas aux systèmes éducatifs mais qui ne sont pas en difficulté scolaire réellement, il y a ceux encore qui ont des problèmes de compréhensions... bref il y a une multitude de profils qui je pense sont bien difficiles à orienter! Mais pas impossible. Et comme le soulignait Monsieur Zerwetz, la question de l'orientation est une question de famille aussi.
Les parents doivent être là pour encadrer l'enfant dans son choix, l'encourager dans ses démarches, et voir si le choix du jeune correspond à ses capacités, ce qui est plutôt difficile puisque l'image que l'on a de son enfant n'est pas objectif. Soit, tout ça pour ceux qui ont des parents soucieux de leur avenir et qui s'intéressent au devenir de leurs enfants. Mais, je vais parler d'une catégorie d'enfant qui n'ont pas cette chance. Je travaillais pour un service sociale il y a quelques temps, et j'étais donc employée par des éducateurs spécialisés pour intervenir auprès de jeunes enfants plaçés en difficulté. Et je pense que la question de l'orientation est d'autant plus conséquente dans ce cas là. J'ai donc passé beaucoup de temps au sein des familles adoptives et avec les éducateurs, et laissez moi vous dire que j'en ai vu des choses!
D'abord, l'éducatrice bien gentille mais elle n'écoutait guère pour ne pas dire pas du tout parler la jeune fille, qui se destinait à une voie professionnelle car c'était son rêve me disait elle. L'éducatrice, voyant les notes moyennes du collège, voulait dur comme fer que la jeune fille fasse une seconde générale. Pourquoi? Elle ne m'a pas répondu que d'après elle c'était le mieux et le plus valorisant! euh oui mais en quoi? La jeune fille a fait sa seconde, elle n'a pas du tout accrochée aux cours, elle a des lacunes dans bon nombre de matières, sauf en français, matière qui lui plaisait beaucoup et dans laquelle elle s'investissait. Elle avait beaucoup de problème aussi dans sa famille initiale, qui la perturbait. Du coup elle avait de gros problème de concentration. Je l'écoutais, parce que mine de rien ça soulage beaucoup d'être écouté et entendu. J'essayais de lui changer les idées, lui donner des exemples de problèmes que des gens ont pu surmonter et qu'ils ont pu malgré tout réussir dans la vie, ensuite il était important pour moi de lui montrer qu'elle avait des points forts aussi, que non seulement elle avait des lacunes mais qu'elle avait aussi des capacités et qu'ils fallaient travailler dans ce sens pour avancer, qu'elle en était capable comme tout le monde.
La jeune fille était rassurée et après elle était plus ouverte pour effectuer son travail mais l'année scolaire avait déjà passé et je ne suis pas une magicienne! Trop fragilisée par les problèmes familiaux, trop fragilisée aussi par l'éducation de son assistante maternelle qui n'hésitait pas une seconde à la descendre devant moi ou devant d'autre, Fragilisée aussi par le manque d'écoute de ceux qui sont sensés l'aider et l'encourager. Ma foi, il y a de quoi être perdu dans sa vie et dans son orientation vous ne croyez pas? Je pense qu'il est essentiel de laisser le jeune s'exprimer sur ses besoins, ses ressentis, sur ce qu'il a pour objectif de faire et après le conseiller si l'on peut puis avoir une approche plus pédagogique et psychologique pour mieux l'orienter. En somme, l'orientation c'est une question qui peut être bien complexe!




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