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Mais où vont nos impôts ?

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Dans la vie, pour être efficace, il faut toujours se donner des priorités. Compte tenu de ce qui se passe dans notre pays, la France, et dans notre île, la Réunion, il serait peut-être bienvenu de s'occuper plus particulièrement du problème des millions de "crève-la-faim" qui s'inscrivent aux restos du coeur, du problème des sans-abri à l'approche d'un hiver annoncé rude, du problème de la santé et de l'éducation des Français en général et de tous ces jeunes de banlieue complètement délaissés à eux-mêmes. Pendant ce temps, le train de vie de l'état et de ses grands serviteurs n'arrêtent de voleter aux dessus des nuages. La vie est belle en haut, morose et parfois très dure en bas. Mais où passent donc nos impôts ?

 

Je me souviens que pendant la campagne électorale, il avait pris l’exemple du bon père de famille capable de gérer correctement l’argent honnêtement gagné chaque mois. Des priorités dans les dépenses, voilà ce qu’il fallait à tout prix instituer : il allait le faire, promis, juré !

Décembre 2009, l’hiver s’annonce rude pour des tas de Français et, bien sûr pour des tas de raisons, dont la crise. Les spéculations financières à travers le monde ont touché non pas les plus pauvres (ils ont l’habitude), mais les classes moyennes : ouvriers, employés, petits commerçants, petits fonctionnaires, petits agriculteurs, petites professions libérales, petits retraités, … Licenciements, dettes, chômage, difficile de joindre les deux bouts. Alors, en bon père de famille, les priorités seraient de permettre à tous ces gens de se nourrir correctement, d’être à l’abri bien au chaud, de soutenir la scolarité des enfants en difficulté et de mettre en œuvre un suivi au niveau de la santé.

Que nenni ! le budget de la nation sert à faire tourner la nation d’en haut : le Président, les ministres, les députés et sénateurs, les hauts fonctionnaires et la majorité des instances gouvernementales fonctionnent encore sous le mode monarchique. Le statut, le protocole, les déplacements, les discours, les avantages, les comportements, tout cela rappelle la Cour de Louis XIV et les beaux jours du Bonapartisme. Il est vrai qu’en ce temps-là, le problème des plus démunis se réglait sur le parvis de l’église : les mendiants faisaient la quête et les bien-pensants, les bigots jetaient quelques pièces avec bonne conscience.

La France a évolué ; elle a continué à s’enrichir grâce à son génie, aux diverses colonisations et au travail de son peuple de souche et immigrés. La France est à présent un pays riche et la mendicité y est mal vue, de même que les larcins de certains « gueux » pour se nourrir ou nourrir leurs enfants.  Alors, il y a 25 ans, les « restos du cœur » ont été inventés par un artiste de gauche afin de faire face à la misère de la rue. L’opération devait être temporaire, puisque les pouvoir publics étaient censés prendre le relais. Idem pour la recherche médicale ou les banques alimentaires : la faim, le logement, l’éducation et la santé  sont, pour un état moderne, les domaines essentiels. Une démocratie, digne de ce nom, passe par la prise en compte de ces quatre secteurs de la vie sociale. Or, qu’entendons-nous : des millions de crève-la-faim, des milliers de sans-abri, des centaines de jeunes banlieusards sans espoir, encore plus de pauvres.

Mais tout va bien, à l’Elysée, Carla chantera une de ses dernières chansons à l’occasion du sapin de Noël des enfants du personnel de maison. Dinde, marrons chauds et bûches feront partie du menu … 

 

 

Auteur : fique
Catégorie : Société
Publié le 02 décembre 2009 à 08:51:09
Article lu 1214 fois

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