Nicolas Sarkozy l’avait annoncé au mois de mai dernier. Il a été voté mardi 27 octobre par le Sénat. Le Service Civique Volontaire va voir le jour et remplacer le Service Civil. Le nom change légèrement, passant de Civil à Civique. Le but est une nouvelle fois d’essayer de retrouver les bienfaits de notre feu Service Militaire, mais sans les armes. Mais qu’en sera-t-il dans la réalité ?
Pour ceux, comme moi, qui on plus de 30 ans aujourd’hui et qui ont fait leur service militaire, le Service Civique Volontaire prête à sourire. Il ne s’agit en rien d’un nouveau type de service militaire, puisque tout d’abord il n’est pas obligatoire. Encore que, nous pouvons imaginer facilement qu’il devienne « recommandé » par un tribunal en échange d’une condamnation légère envers un jeune, mais pour l’heure la question n’est pas là. Non, le service civique volontaire permettra à des jeunes à partir de 16 ans et pour une période allant de 6 mois à 24 mois de s’engager dans une mission d’intérêt général au sein d’associations par exemple. Le jeune pourra alors être formé sous l’égide d’un tuteur. Il recevra en outre un salaire pouvant aller jusqu’à 600 euros par mois.
Tout cela est louable, et je pense sincèrement que ce type d’initiative pourra convenir à beaucoup de jeunes en leur offrant un départ dans la vie. En revanche, ce qui me fait sourire, c’est lorsque le Gouvernement tente de justifier cette action en mettant l’accent sur le « brassage social », comme celui qui existait avec notre ancien Service militaire. Je suis d’accord, le service militaire était obligatoire, et de ce fait tous les français (sauf quelques rares exceptions) s’y rendaient, toutes classes sociales confondues. Or, ce nouveau service civique volontaire, comme son nom l’indique, accueillera les jeunes qui voudront bien s’y rendre. Pensez-vous que les jeunes issues des classes sociales les plus aisées voudront accomplir ce service civique pour toucher 600 euros par mois ? Bien sûr que non.
Encore une fois, ce plan d’action auprès des jeunes de notre pays est louable, mais le gouvernement se fourvoie lourdement si réellement il pense redonner à la France une mixité sociale. Le gouffre continu de se creuser entre jeunes défavorisés et les autres, et ce n’est pas cela qui va changer quelque chose dans ce domaine.




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