L'article a déchaîné les commentaires des internautes l'autre jour sur le site du clicanoo.com, des avis bien évidemment partagés entre des internautes hommes, appréciant la rotondité du fessier exhibé de la jeune femme ( du moins le morceau de femme que l'on peut deviner... ) et appréciant en général des photos que je qualifierais de sexy ou plutôt sexe, et de l'autre côté encore des hommes se mêlant aux femmes offusquées par l'exhibition de cette image provocatrice.
La commune de Saint Denis rejoint ce dernier groupe de personne et a demandé à ce que les panneaux soient retirés à juste titre, de la ville. Ma foi que dire sur un tel sujet prêtant à la controverse, à l'heure où la femme fait l'objet de multiple violence, et qu'elle se trouve être l'infortunée « défouloir » de leur ex compagnon et concubin n'acceptant pas la rupture...à l'heure où la femme est chosifiée et qu'elle n'est plus libre de refaire sa vie sous peine d'être harcelée et brutalisée par un ex un peu trop possessif et bien trop agressif ...
Heureusement qu'il y a des séparations qui se passent dans la compréhension et d'un commun accord mais malheureusement il y a semblerait il, beaucoup plus de séparation qui se font dans la douleur. D'abord l'accouchement qui n'est autre qu'un mal pour un bien d'ailleurs, ensuite la douleur liée à la perte d'un être cher... en fait la vie est fait de séparation...
Pour en revenir au sujet, l'affiche a donc fait débat au sein de notre communauté et pour cause on y voit la chosification de la femme! et oui, on aura beau dire , on a beau trouver cela banal au final mais nous sommes dans l'ère de la femme objet, une femme qui peut vendre son image, ses charmes, donc son corps pour gagner sa vie. Un corps qui devient un simple instrument au service de l'homme, mais qui est du même coup au service de l'art, mais un art intéressé, un art vendu au profit de l'argent et d'une certaine reconnaissance du beau, un critère de beauté fixé par une norme sociale...
Ainsi, après une telle déshumanisation, une telle banalisation et une telle vulgarisation de l'image de la femme, réduite à un simple corps, comment voulez vous que l'affiche qui est sensée promouvoir un salon mécanique, ne fasse pas l'objet de polémique au sein de notre communauté ?! Et comment voulez vous que l'homme ait une estime de la femme et qu'il la voit autrement que par le prisme d'un objet, d'une vulgaire chose? Et comment voulez vous notamment que cette même femme n'est autre qu'une vision dévalorisante d'elle même avec toute la condescendance médiatique qui va à son encontre?
L'homme veut ce genre de femme, alors nous nous contentons de lui donner ce simple « ça » qu'il demande! Dépis, ou sentiment que nous ne valons pas mieux à cause de ce poids trop écrasant que nous impose la vision unilatérale d'une société machiste ? Je ne sais pas, mais une chose est sûre, il faudra travailler durement et ensemble homme et femme, pour que les mentalités changent et évoluent mais à condition que nous voulons que cela change bien sûr...
La tâche s'annonce colossale, voir presque impossible et utopique car notre quotidien est pollué de publicité associant l'image de la femme aux différentes choses que l'on veut vendre, et à ce propos l'association n'est pas toujours nauséabonde ni dégradante et heureusement... Mais tâchons de changer petit à petit notre façon de porter notre regard sur autrui. Bannissons même de « notre » langage les fâcheuses expressions de tous les jours qui ne sont autres que des vecteurs d'une violence verbale patente, et des vecteurs lourds d'une pensée culturelle souvent dégradante pour la femme.
Prenons pour exemple extrême les expressions telles que : « mi sa war mon stek » ( je vais voir mon « steak » , sous entendu ma copine ), ou encore une expression dénommant la femme, survenue avec la mouvance du groupe hard cor réunionnais : Futur Crew , qui dénommait la femme par le nom : « ceguess ». Nous avons aussi des mots tels que : « rekin » , « tantine la roue » et bien d'autres encore. Et c'est à proprement dit « une tantine la roue », du moins les fesses d'une tantine posées sur deux roues que nous voyons placardés sur tous les murs. Des fesses qui font rages dans tous les sens du terme et qui font le bonheur des uns et qui mettent en colère d'autres...




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