POLITIQUEMENT VOTRE (P.V) : « La France entend organiser le 29 mars 2009, le référendum sur la départementalisation suite à quoi la France envisage de la faire accéder au statut de la Région ultra périphérique de l’Union Européenne. Avant de s étaler dans le cœur du débat, pouvez-vous nous restituer le contexte historique de l’archipel ainsi que la gestion politique de [1]Kamar ? » Abdourazak M’dahoma : « Il faut savoir que cet archipel, composée de 4 iles 2(Mwali, Ndzuani, Ngazidja, Maoré) a une histoire assez complexe. Cet archipel fut sous la colonie Française depuis plus de 150 ans, et cela avant même que la Savoie ne soit française. En 1886, les 4 iles deviennent des protectorats sous la direction du gouverneur de Maoré. Quant à Maoré, elle garde un statut de colonie. A partir de 1908, l’ensemble de Kamar est intégré sous l’autorité et la dépendance du gouvernement général de Madagascar. En 1946, les 4 iles se sont séparées de Madagascar et deviennent territoire d’outre-mer. »
transcription de l’émission « POLITIQUEMENT VOTRE » du Jeudi 26 mars 2009 animée par la journaliste Charifa MADI sur CONNEXION FM Radio, l’unique radio francophone sur Internet www.connexion.fm au Royaume Uni.
Thème de l’émission : Projet de la Départementalisation- Quel avenir pour l’Ile de Mayotte ?
Au sein de cette émission, nous avons eu le privilège d’avoir comme invité, en duplex de Marseille : Abdourazak M’dahoma (voir biographie ci-dessous) un jeune entrepreneur doté de plusieurs compétences. Un débat enrichissant face à des interventions très divergentes et pertinentes.
L’équipe de POLITIQUEMENT VOTRE tient encore à remercier tous les participants et à s’excuser encore auprès de ceux n’ayant pu parvenir à joindre téléphoniquement (cf. liste ci-dessous)
POLITIQUEMENT VOTRE (P.V) : « La France entend organiser le 29 mars 2009, le référendum sur la départementalisation suite à quoi la France envisage de la faire accéder au statut de la Région ultra périphérique de l’Union Européenne.
Avant de s étaler dans le cœur du débat, pouvez-vous nous restituer le contexte historique de l’archipel ainsi que la gestion politique de [1]Kamar ? »
Abdourazak M’dahoma : « Il faut savoir que cet archipel, composée de 4 iles 2(Mwali, Ndzuani, Ngazidja, Maoré) a une histoire assez complexe. Cet archipel fut sous la colonie Française depuis plus de 150 ans, et cela avant même que la Savoie ne soit française. En 1886, les 4 iles deviennent des protectorats sous la direction du gouverneur de Maoré. Quant à Maoré, elle garde un statut de colonie. A partir de 1908, l’ensemble de Kamar est intégré sous l’autorité et la dépendance du gouvernement général de Madagascar. En 1946, les 4 iles se sont séparées de Madagascar et deviennent territoire d’outre-mer. »
PV : « Prenant en compte, depuis l’époque, la volonté des mahorais d’être indépendante, peut- on dire, aujourd’hui, que Mayotte appartienne légalement à la France? »
Invite Abdourazak M’dahoma : « Dans le cadre juridique, Maoré n’est pas légalement française, étant donné que le referendum s’est fait dans l’ensemble de l’archipel. Faisant référence au préambule de l’O.N.U cité ci dessous :
« Sans préjuger les formes institutionnelles de l’avenir prises dans le cadre de la République française conformément aux principes d’égalités et de droits et des devoirs, et afin de conduire plus avant les populations de l’archipel de Kamar à la liberté de s’administrer même et de gérer leurs propres affaires, la présente loi a pour but de définir l’organisation particulière du territoire de Kamar basées sur le principe de l’autonomie de gestions »
Ces textes justifient bien la mauvaise position de la France à ce sujet. »
Intervenant Pierre Caminade (Association Survie) : « sur le point de vue international, Maoré n’est, en effet, pas française. Il faut noter que tous les referendums que la France organise à Maoré sont coordonnés par l’O.N.U par avance avec 20 résolutions de cet organisme la condamnant et n’ayant jamais été remise en question. »
Invite Abdourazak M’dahoma : « À l’occasion du référendum de 11 avril 1976, l’assemblée générale des Nations unies, dans sa résolution n°31-4 du 21 octobre 1976, a condamné énergiquement la présence de la France à Maoré, qui constitue une violation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République indépendante de Kamar ».
Intervenant El Fatahou SAID YOUSSOUF (...) « je voudrais dire à tous les Comoriens qui nous suivent que ce n'est pas parce que la France a organisé des élections à Maoré ,et que des Comoriens de Maoré auront voté pour une départementalisation de celle-ci, que Maoré puisse être considéré de droit Français.
PV : Vous-même à Maoré, pouvez vous nous donner un ressenti de l’impression sur place ?
Intervenant Anrmy Bourhane : « On a réellement ce sentiment que Maoré est en train de vivre un événement historique. Paradoxalement, on constate qu’aucun réel débat se soit engagé ! »
Intervenant Nassuf Mohamed : « Faisant partie du comité de Maoré à Paris, je peux vous assurer, contrairement à ce que vous avancez, qu’il n’y pas un jour où des meetings ont lieu en France et à Maoré pour prendre part de ces élections regroupant des opposants tels que des compatriotes mahorais voire même des comoriens des autres iles. »
Intervenant Anrmy Bourhane (...) « ce sont plutôt des meetings organisés par plusieurs parties politiques sur la place publique dans lesquels on est plus face à des campagnes pour le OUI. Sans avoir clairement expliqué à la population les enjeux réels de ce vote.Je me demande si les mahorais ont compris l’impact qu’engendrerait ce projet ? »
Invite Abdourazak M’dahoma : « systématiquement, on va essayer de faire leurrer aux mahorais que le OUI est la meilleure des choses mais aujourd’hui la nouvelle génération émergente de Maoré se pose des questions sur une vrai réalité que la France a sur le projet. On est en droit de s’interroger sur la réelle volonté de la France à donner à Maoré le statut de département français. Mais il est tout de même étonnant que le Parlement français ait refusé le débat sur cette départementalisation, débat demandé conjointement par Yves Jégo, Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer et Ibrahim Soibahaddine, sénateur de Maoré. »
Auditeur Anrmiche (Marseille) (..) «Je suis absolument choqué des propos tenus par ces deux hommes. Les comoriens des autres iles sont tout simplement jaloux de Mayotte. Il faut arrêter de penser à la place des mahorais ! »
PV : « Se positionnant sur la nécessité ou pas que Maoré devienne un département, qu’en est-il du visage économique de l’ile ? »
Intervenant Anrmy Bourhane : « Sur le plan économique, aujourd’hui, nous avons 4 iles basées sur une économie identique : la pèche artisanale, le commerce, l’agriculture. Pour le cas de Maoré, on constate une économie à deux vitesses- l’une dirigée par une classe métropolitaine minoritaire et l’autre tenue par le Mahorais (agriculture de base). »
PV : « Quel est l’intérêt économique de la France en vers Maoré? »
Intervenant Anrmy Bourhane : « Un intérêt économique très limité surtout dans le contexte actuel mondial en pleine crise. C’est un statut complètement inadapté économiquement. Une crainte pour Maoré qui pourrait se retrouver dans la même situation que vit actuellement les Antilles et l’Ile de la Reunion. »
Intervenant Nassuf Mohamed : « C’est totalement faux ! Sur quel seuil et quelle base réfère t-il ce diagnostic pour dire que Maoré n’est pas prête économiquement ? »
Intervenant Anrmy Bourhane : « Maoré doit revenir à une économie de réunification adaptée à son insularité. Ma solution est de mettre en place le même système économique afin de créer une économie d’échelle pour que les 4 iles puissent coopérer ensemble et que les populations vivent dans un cadre de mobilité croisée ». (Lire article : http://www.exprimanoo.com/articles/comoresosons-la-mobilite-croisee--1205.htm)
Invite Abdourazak M’dahoma : « Ce qu’il faut savoir aussi est qu’il est prévu que dès l’entrée en vigueur de la départementalisation, un plan de revalorisation des prestations existantes sera mis en œuvre pour les adultes handicapés et les personnes âgées, avec des augmentations significatives.
Mais le niveau des prestations non encore étendues (revenu minimum d’insertion, allocation de parent isolé et allocation de solidarité spécifique) se situera à compter de leur mise en place, en 2012, à environ le quart de ce qu’elles représentent en métropole ou dans les DOM ».
Auditeur Anrmiche (Marseille) (..) « L’économie à Maoré est strictement différente des autres iles. Sachant que tous les comoriens passent par Maoré pour obtenir leur nationalité française et non par Kamar. La recherche des prestations sociales n’est pas la raison principale qui poussent les mahorais à se départementaliser. Les mahorais veulent devenir français pour être Libres ! »
Auditrice Melle Dédée ( Paris) : « Je pense que cette volonté des Mahorais voulant se départementaliser est encore synonyme de ce que j’appelle « le Mirage de l’occident qui est plein d’argents » M’amenant à me poser cette question : comment les mahorais peuvent s’opposer à ce pouvoir de rêve là ? Comment pouvoir dire non à cet espoir? »
PV : « D’après ce que nous pouvons lire dans certains médias , on retient une volonté acharnée des mahorais de se détacher de l archipel de Kamar en proclamant leur liberté .Que leur répondez vous ? »
Intervenant Pierre Caminade : « Il faut comprendre que cette volonté historique s’est construite depuis Paris à partir de 1957 : déplacement de la capitale de Moroni à Maoré ; transfert des pouvoirs donc une frustration des mahorais ressentis par les autres iles. D’autres part, la Présidence du territoire de Kamar est contrôlée depuis Paris (sous forme de persécutions)’ Diviser pour mieux régner’ orchestrée depuis l’Elysée sous la tutelle de la créature de Jacques Foccart en remontant les iles contre elles et ceci appuyé par le défunt père de l indépendance Ahmed Abdalah , une « créature toute faite » de Foccart. On crée parallèlement à cela une campagne dictatoriale à travers des bastonnades menées pour que Maoré reste française. (..) »
Intervenenant Nassuf Mohamed : « Je suis choqué de ce que vous dénoncez : de dire que les mahorais sont manipulés est ridicule alors que votre association est la première à manipuler les gens (..) Le projet de départementalisation est le souhait de tous les mahorais car ils l’ont toujours réclamé et ceci depuis 1958 après que l assemblée de Kamar s ai voté le transfert de la capitale vers Moroni. C’est de là que les mahorais ont demandé à transformer l’ile en département d’outre mer. Maoré est un territoire français ! (…) »
Intervenant Pierre Caminade (..) « J’aimerais souligner qu'il y a d'indécent à n'évoquer ces milliers de morts, sans rien dire de plus sur la cause de cette tragédie, sans exprimer la moindre compassion, sans exprimer le moindre humanisme dans son positionnement pour la départementalisation par rapport à ce drame qui va perdurer, et même se renforcer. »
PV : « Comment réagissez- vous face à ce communiqué rédigé par le Comité de Mayotte Département qui s’insurge contre votre association vous accusant, à travers la projection d’un documentaire « Un Aller simple pour Mayotte », de sensibiliser l’opinion publique français au détriment de milliers de comoriens retrouvant la mort dans leur traversée en mer pour rejoindre l’Ile de Maoré ? »
Intervenant Pierre Caminade : « Le Comité Mayotte département s'est fait connaître à notre association en lançant une cyber- action contre Survie appelant « tous les Mahorais de copier le texte en noir ci-dessous et l'envoyer par mail à Mme la Porte Parole de l'association SURVIE pour lui montrer notre mécontentement[à lire sur http://comores4.skyrock.com/2355138267-Le-Comite-Mayotte-Departement-s-insurge-contre-l-association-SURVIE.html ].(..)
Puisque Nassuf Mohamed veut lutter contre les positions de Survie sur Maoré, je ne saurais trop lui conseiller de connaître son "ennemi" pour être plus efficace dans son combat. (..). Comme je l'expliquais, la France a organisé un bourrage de crânes à Maoré pour rendre impossible la discussion argumentée sur les enjeux essentiels ».
Intervenant Nassuf Mohamed : « (...) en tout cas sachez que c’est un débat franco français. Avec les autres iles, nous sommes issues de la même région .Ma solution est qu’ensemble nous devons développer une économie similaire, en travaillant ensemble pour trouver des solutions à l’immigration, entre autres, accepter de travailler avec le groupe de travail GRTN ».
PV : « Etes-vous d’accord avec l’idée que les comoriens des autres iles sont contre les mahorais ? »
Invite Abdourazak M’dahoma : « je pense que mes propos ont mal été compris. Dans le sens où il est faux de dire que les comoriens des autres iles détestent les mahorais pour la simple et bonne raison que nous nous battons pour le retour de l’ile dans le giron comorien pour éviter que Maoré reste cette plate tournante pour l’immigration comorienne générant des milliers de morts à travers les traversées ».
PV : « Quel rôle joue l’état comorien face à ce projet ? »
Intervenant Lou Belletan : « Le respect devrait se faire à partir d’un dialogue entre les 3 iles (Mwali, Ndzuani, Ngazidja) car ce sont tous des semblables même si les mahorais font semblant de n’être pas des comoriens pour des raisons évidentes (...) Mais je remarque qu’il manque un personnage essentiel : l’état comorien et les responsables comoriens qui manifeste un silence extraordinaire. Laissez moi vous dire que concernant le GRTN, ce fut un moyen mis en place par l’ancien premier ministre, Dominique de Villepin, de faire reconnaitre aux autorités comoriennes d’être une souveraineté sur Maoré. Par conséquent, je suis surpris de ce silence mais cela justifie encore plus le choix des mahorais d’être gouverner par un état puissant comme la France qu’un état qui s’efface tel que l’état comorien. »
PV : « Quelles pourront être les conséquences sociales et religieuses si le projet de départementalisation entre en vigueur ? »
Invite Abdourazak M’dahoma : « Pour que Maoré soit à l'aise au sein de la République, il faudrait qu'elle en partage les valeurs fondamentales. Au quotidien, et on en est loin. (..) Gommer ou même estomper les différences culturelles entre Maoré et la France relève de l'utopie. Et comment faire un ensemble homogène avec de telles différences? Tôt ou tard, le problème du rattachement de Maoré à Kamar ressurgira, créant des situations comme on en voit aux Antilles, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie.
Et ce avec d'autant plus d'acuités. Car l'identité est beaucoup plus forte à Maoré où l'influence française a été beaucoup moins pressante que dans les autres iles Dom-Tom : Maoré n'a jamais représenté un véritable atout commercial, ni même un atout stratégique vital. La marche vers la départementalisation se heurte immanquablement à "l'adaptation à Maoré" des mesures envisagées. »
PV : « Pouvons- nous dire qu’aujourd’hui le processus risquerait d’être un génocide culturel voire même religieux quand on sait que 97% de la population mahoraise est musulmane ? »
Intervenant Lou Belletan : « L’islam, aujourd’hui, à Kamar , est, surtout, un islam enraciné dans le monde féodal et non un islam humaniste que le défunt révolutionnaire comorien Ali Swalih voulait mettre en place. Il est clair qu’au jour d’aujourd’hui la société mahoraise sera secouée assez brutalement »
PV : « Quel est votre mot de la fin ? »
Invite Abdourazak M’dahoma : « Un demi-siècle déjà, depuis que les mahorais se battent pour la transformation de leur île en département d’outre-mer. C’était le 11 décembre 1958 à l’assemblée territoriale de Kamar. Malgré les promesses et les trahisons ; les déceptions et les humiliations de toutes sortes, ils continuent à croire à ce rêve de toutes les générations.
Ils défient en même temps « le sens normal de l’Histoire » qui s’écrit singulièrement en Afrique depuis le début des années soixante. La France nous rappelle et surtout au monde entier que décolonisation ou auto-détermination des peuples à disposer d’eux même, veut aussi dire réintégration complète pour ne pas dire recolonisation au sein de la mère-patrie. Des réformes de fond accomplies ces dernières années ont permis de faire sauter les verrous qui jusqu’ici servaient de justifications aux exclusions et aux discriminations de toutes sortes pour nous décourager dans ce que nous avions de plus profond : notre intégrité et l'appartenance complète de l'ile de Maoré à l'Union de Kamar. »
Charifa MADI
« Politiquement Vôtre » sur www.connexion.fm
Biographie Abdourazak M’dahoma : Citoyen Kamarien, Juriste de formation, spécialisé en Sciences Politique & droit administratif. Conseiller en économie, finance et développement durable à l'Assemblée de l’ile de Ngazidja. Concepteur avec Mariama Abou Bacar du projet Maison de la Diaspora (déf : Structure favorisant l’intégration et valorisant l’artisanat de la Région de l’Océan Indien. Cette plateforme accueillera l’ensemble de cette diaspora à travers différentes palettes (alphabétisation/ culture/ agriculture…) permettant à la population océan indienne de se retrouver et de d’enrichir Kamar.
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[1]Ce sont les navigateurs arabes qui ont donné au début du XVIème siècle leur nom à ces Iles situées dans le canal du Mozambique. Ils les appelaient couramment Kamar (Iles de la Lune), les Comores littéralement traduit en français
( 2Traduction littéraire en français des 4 iles : Mwali,( Mohéli) Ndzuani( Anjouan) , Ngazidja( Grande Comores) , Maoré( Mayotte)
NOS REMERCIEMENTS :
INTERVENANTS :
El Fatahou SAID YOUSSOUF (Kamarien) Informaticien de Formation -Actif dans les associations communautaires, telles que la Diascom,la Gritac./ Membre de l'alliance Noire citoyenne à Paris, et au Benin,. Et Membre de l'Amicale Panafricaines universitaire.
Anrmy BOURHANE : (kamarien) .Economiste international, études en Commerce International (Master trilingue en Négociation et Gestion de Projets Internationaux.) Engagé activement dans des actions humanitaires-en particulier le domaine de l’éducation et la santé. Membre de la famille Rotaract, la branche jeune du Rotary International :
Nassuf MOHAMED (mahorais)




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