Inflation, déflation, régulation, .... tant de termes qu'adorent utiliser les économistes pour généralement signifier que certains s'en mettront plein les poches pendant que d'autres, toujours plus nombreux, souffriront. Mais là où les "spécialistes" sont forts, c'est lorsqu'ils arrivent à persuader le peuples d'en bas que 1 peut-être égale à 10. Tel le cas de ce qui vient de nous tomber dessus au 1er avril 2010 ... et là, malheureusement, il ne s'agit pas d'un poisson !!!
En mathématiques, on appelle ça changer de base. Il est certain qu’à partir de là, les résultats sont différents et que le porte monnaie se sent profondément allégé. En effet, se prétendre le président du pouvoir d’achat, augmenter de 0,9 % le montant de la pension des retraités et de 9,7 % le prix du gaz, c’est quelque part mentir sur la marchandise.
De plus et malgré la crise, faciliter les bénéfices financiers des banques et éviter de toucher aux impôts des plus riches en ne remettant pas en cause le bouclier fiscal, c’est prendre la majorité des Français pour des imbéciles. Ces derniers ont d’ailleurs exprimé clairement leur point de vue lors des dernières élections régionales, même ici à la Réunion avec 55% de voix pour la gauche.
Et pourtant, le message continue à ne pas être entendu : - « il faut revenir aux fondamentaux », telle est la phrase passe-partout que les politiques de droite ont eu la consigne de faire circuler à travers les médias. Comme dans le panier de la ménagère, chacun y met ce qu’il veut : E. Besson y rajoute un poil de vissage aux frontières, B. Hortefeux un chouilla de vidéo-surveillance, L. Châtel un brin d’augmentation pour les profs débutants, … et pendant ce temps, les licenciés de certaines entreprises se voient proposer un salaire de 127 euros par mois en Tunisie pour cause de délocalisation. A la Réunion, le chômage s’amplifie progressivement et les prix de première nécessité sont toujours à la hausse. Combien de temps cela va-t-il tenir ? Seul Didier Robert pourra nous le dire puisqu’il est en contact direct avec Nicolas Sarkozy et que sa famille politique tient les rênes de la gouvernance française depuis 2002.
Au moment où plus de 30 % des familles réunionnaises ont du mal à boucler leur fin de mois ; que les grands chantiers pour notre île sont en voie de disparition et que les logements sociaux se font désespérément attendre, il est grand temps que la Préfecture et la Pyramide inversée s’attellent à anticiper les difficultés qui ne vont pas tarder à nous étouffer. Les Français en 2007 ont cru aux promesses de Nicolas Sarkozy : la réalité aujourd’hui est tout autre. 45 % des Réunionnais ont cru aux promesses de Didier Robert : qu’en sera-t-il demain, c’est-à-dire en avril, mai, juin … après, il sera trop tard.
Car s’amuser à changer de base de calcul, c’est juste bon pour les élèves de terminales. Les parents et grands-parents que nous sommes ont depuis longtemps quitté les bancs de l’école pour se trouver confrontés à une réalité bien plus dure : du vivre au survivre, le passage se fera inéluctablement dans la douleur … mais également dans la colère.




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