Les sondages sont au plus bas. Comment rattraper le coup. Souvent, quand le coupable reconnaît ses fautes, si elles ne sont pas trop graves, le peuple pardonne (dixit les conseillers). Problème: il s'agit là du plus haut personnage de l'état qui, à tout moment, doit s'efforcer de montrer l'exemple. Il y a belle lurette que le petit fonctionnaire du coin aurait été sanctionné. Mais là-haut, tout là-haut vivote, bougeotte, "marionnettote" un autre monde ...
Mon fils, professeur dans un établissement de la place, m’a raconté l’histoire d’un de ses collègues ayant profité de sa position de président de jury du bac pour faciliter l’attribution d’une mention à son propre fils. La sanction est tombée : retrait de la mention et blâme inscrit sur le dossier administratif du fautif.
En haut lieu, il en va tout autrement : un président de la république met en œuvre une stratégie pour placer son fils à la tête d’une institution qui brasse quelques milliards. La combine éclate au grand jour, l’obligeant à retirer ses billes.
Quelques jours plus tard les journalistes sont convoqués : « C’était une erreur de ma part. Merci. Au revoir. Ah ! au fait ! Je regrette aussi ma période bling bling. Sinon, côté bilan, tout est bon. N’oubliez pas de l’écrire dans vos journaux. Merci encore et à la prochaine ! ».
La cinquantaine bien sonnée, élu par tout un peuple et responsable de toute une nation, la personne placée au sommet de l’état doit être un modèle pour tous les Français, en particulier pour les jeunes qui représentent l’avenir du pays. Le chômage va grandissant. Le pouvoir d’achat est en perte de vitesse et le système repart comme avant : les banques refont d’énormes profits alors que la crise est loin d’être réglée. Encore une fois, pour faire diversion, des thèmes -- qui occuperaient les esprits, mais qui ne coûtent rien -- sont remis à l’ordre du jour : identité nationale, la délinquance et les enfants de 13 ans, la grippe A, …
Alors que sur le terrain même, les députés, les sénateurs, les maires sont interpellés par les électeurs à propos des difficultés quotidiennes et du ras-le-bol général. Tout en haut, on cherche des excuses, on parle de milliards pour un grand emprunt sans savoir à quoi il servira, on voudrait jouer collectif alors que l’exemple privilégie l’individualisme, le favoritisme et la pensée unico-sarkozienne.
Comment dans un tel contexte croire en la parole d’un chef qui, dès la prise de fonction, se l’est joué grand yacht, rolex, « casse-toi pov’con », « je serai le président du pouvoir d’achat », « je crois au travail et au mérite de chacun », « personne ne restera sur le bord de la route », …. Et tant d’autres paroles et conduites qu’un enseignant aurait beaucoup de mal à justifier face à ses élèves en cours d’instruction civique. Au collège des Tamarins, pour avoir attrapé un élève par son tee-shirt suite à son insolence, un professeur a été démis de ses fonctions par le rectorat. Trop facile d’être en haut ; pas facile d’être en bas …




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