Le Comité Olympique Réunionnais profite des Etats Généraux de l'Outre Mer pour lancer l'idée d'un Institut Régional des Sports qui permettrait de rassembler les élèves les plus doués du département afin de dégager l'élite réunionnaise de demain. Pas si simple: le sport au sein du système scolaire français est considéré comme une discipline annexe; si regroupement il y a, nombreuses compétitions il faudra, sinon vite le sport réunionnais stagnera. Une vision réductrice à Paris de ce que pourrait être le développement du sport dans un pays: Laporte, bof!; Rama Yade, ah bon! Avant de construire un tel centre, peut-être faudrait-il réfléchir à quelle stratégie de développement pour la Réunion?
Deux ans, deux ans qu’il est chargé des sports et qu’on ne voit rien venir. Au début, il était question de faciliter la pratique sportive, de trouver partout des jeunes cadres bénévoles, d’animer davantage la jeunesse des quartiers. Pschitt !
Aujourd’hui, à l’approche de l’échéance 2012, une opération « commando » -- tout pour l’élite -- est lancée auprès des Fédérations Nationales afin d’assurer quelques médailles au prochain J.O de Londres et d’éviter, dans la mesure du possible, une onzième, douzième ou treizième place. Problème : dans le domaine du sport, c’est avant tout le brassage puis la détection et enfin les meilleures conditions qui font émerger l’élite de demain.
Brassage tout d’abord : l’école est le seul endroit où les « marmailles » sont rassemblés pour apprendre et s’instruire. La culture sportive fait, normalement, partie des éléments d’éducation. Or, dans le système éducatif français, la matière «éducation physique et sportive » est considérée comme secondaire, classée dans les pratiques de divertissement, perçue parfois comme un simple exutoire, la moyenne hebdomadaire étant d’une petite heure d’Eps dans le primaire et de deux heures en lycée. Pourtant, la légende court encore annonçant que les professeurs les mieux formés de France appartiendraient à cette discipline. Des professeurs qui ne sont en aucune façon impliqués officiellement dans le développement sportif de notre pays : très peu de liens avec les animations communales, les clubs et le mouvement sportif.
Le second Pschitt que risque de déclencher le bilan des états généraux, ici ou ailleurs, ne doit pas pour autant nous interdire de rêver à la création d’un Institut des Sports, réunissant les meilleurs élèves sportifs de notre département, toute discipline confondue. Ce type d’établissement devrait s’inspirer des expériences positives menées en France à l’image du lycée sportif de Font-Romeu dans les Pyrénées-Orientales, sachant que son excentration par rapport à l’hexagone pose, malgré tout, des problèmes financiers importants, en particulier dans le domaine de la participation des élèves aux nombreuses compétitions nationales et européennes. Or, ce chapitre est souvent un des éléments clefs de la réussite sportive. Quid des relations, des rencontres avec les meilleurs jeunes talents de la zone océan indien ?Quand on voit le niveau auquel se situe la coopération régionale en matière d’éducation, de santé, etc… on est en droit de se dire : la coopération sportive n’est pas pour demain !
Compte tenu de cela, l’avenir d’un sport spécifiquement réunionnais ne peut s’imaginer que dans une approche originale, loin des démarches classiques anglo-saxonnes qu’essaye d’imiter à tout prix le Secrétariat d’Etat aux Sports. Alors pourquoi ? Où ? Quand et comment ? Car en attendant, on peut toujours essayer de se poser les bonnes questions ...




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