Il a porté haut le combat pour son île .... puis, au fil du temps, il n'a pas vu évolué la société réunionnaise en se cramponnant à des comportements d'un autre temps. Après dimanche, ce ne sera jamais plus pareil dans notre île.
A vouloir trop tirer sur la ficelle, elle finit par se casser. Se croire irremplaçable, porteur d’une vérité pour le bien d’un groupe ou d’une population pour laquelle on pense avoir tout donné, tel est le danger qui couve dans la tête des hommes ou femmes de pouvoir. César, Henri IV, Napoléon, Hitler, Pétain, De Gaulle, Mitterrand, …. Tous sont tombés dans le panneau et l’ont, parfois, durement payé.
Le peuple suit bêtement lorsqu’il vit correctement et que la vie ne pose pas trop de problème. Par contre, dès qu’il y a crise (financière, sociale, économique, ...), dès que le doute s’immisce, le peuple se fait fort d’oublier, de rejeter celui ou celle qui l’a adoré.
Paul Vergès a été un grand défenseur de la cause réunionnaise en utilisant toutes les ficelles qu’offrent les systèmes démocratiques : voie parlementaire, voie sénatoriale, voie régionale, mais aussi celle plus obscure de la clandestinité lorsque le pouvoir central parisien avait pour objectif d’étouffer durement toutes les revendications locales. Fin politique et très bon orateur, il a su profiter des brèches pour redonner une certaine fierté au peuple réunionnais. - « Pas plus, pas moins » est à présent inscrit dans le marbre de la conscience collective de ce petit bout de France.
Puis le temps a passé … et la famille a poussé. Tout père de famille n’aspire qu’à une chose : que ses propres enfants réussissent. A partir de là, comme l’a démontré dernièrement Nicolas Sarkozy avec son fils, l’affectif a pris le pas sur l’efficacité idéologique et le père, ici ou ailleurs, a voulu pistonner la progéniture. Parallèlement à cela, en annonçant lors du passage à la Réunion de ce même Sarkozy qu’il n’y aurait pas de droite ni de gauche dans notre département, Vergès enfonce le clou en s’alliant avec T.A.K, l’homme aux nervis, capable de faire tabasser sans vergogne des femmes ou des syndicalistes dans les rues du Tampon. Tout faux.
Comme Pétain ou De Gaulle, avec l’âge l’analyse est moins pertinente et surtout décalée de la réalité : les Réunionnais ont changé ; les Réunionnais ont évolué ; les Réunionnais comprennent à présent que certains compromis, certaines magouilles sont difficilement acceptables : il y va de l’avenir de notre démocratie dans notre île, française avant d’être réunionnaise. En effet, vouloir enfermer l’histoire de notre « péi » dans une maison dite des civilisations pour mettre en évidence la période esclavagiste puis engagiste, c’est, aujourd’hui, se tromper de stratégie. La seule qui vaille la peine, c’est celle de l’école et des programmes d’histoire : il y a obligation à apprendre la « vraie » histoire de la Réunion à nos enfants et à ce sujet, nous devons faire confiance à nos professeurs. Ce que n’a pas su faire Nicolas Sarkozy en voulant faire lire, à tout prix, la lettre de Guy Mocquët. Pour conclure et quel que soit le résultat, dimanche un Roi va mourir … Alors vive le Roi !




L'auteur
Rédacteur
Invité