Le PDG du Jir qui démissionne, le directeur de la rédaction du Quotidien qui s'en va, Abdool Cadjee qui rachèterait le Journal de l'île, des rumeurs insistante du retour de Tillier... La presse péi est en pleine ébullition, sur fond de baisse des ventes et de crise de la pub.
C'est le Quotidien qui de son côté lâche l'info : Jean-Louis Rabou, PDG du Journal de l'île, démissionne. Il était entré en fonction il y a un peu plus d'un an, mis en place par son ennemi intime, Jacques Tillier. C'est, cette fois, la Lettre de l'océan Indien qui confirme une rumeur qui courait depuis un certain temps déjà dans les rédactions, et qui avait été reprise par le Quotidien : Abdool Cadjee est sur le point de racheter le JIR. Une mise de 30 millions d'euros qui serait négociable, le groupe France-Antilles (Hersant) voulant se débarasser d'un canard boîteux qui lui coûte de l'argent. « Cette vente du JIR correspondant, pour le groupe Hersant, à un recentrage sur la métropole mis en ?uvre par Frédéric Aurand , le président du directoire d' Hersant Medias, à un moment où ce quotidien réunionnais est dans une mauvaise passe (ventes et revenus publicitaires en baisse) », note la très informée Lettre de l'océan Indien.
Qu'est-ce qui se passe dans la presse péi ? Dans les deux rédactions, les rumeurs circulent, et l'incertitude quant à l'avenir est de mise. Maximin Chane-Ki-Chune, le fondateur et actionnaire principal du Quotidien, n'est plus tout jeune (il a dépassé les 70 ans) et pense de plus en plus à sa succession. Voir à vendre son « bébé ». Il y aura sans doutes d'autres bouleversements dans la presse réunionnsaise dans les mois à venir. Plus de directeur pour le JIR, plus de responsable de la rédaction pour le Quotidien, pour l'heure, les deux titres concurrents sont étêtés. Mais continuent à produire de l'information.
Avec la concurrence d'internet et la baisse des revenus publicitaires, « il est devenu très difficile sur un département comme la Réunion que deux quotidiens se côtoient », résume un observateur de la presse locale. A terme, on peut très bien envisager la fusion des deux titres, comme cela s'est déjà produit dans plusieurs départements de métropole. Avec le risque que l'on revienne à la Réunion à la « pensée unique » des années 70. Pour le moment, cela n'est que pure spéculation.
Une autre inquiétude taraude la rédaction du JIR : si Cadjee en devient le patron, le journal pourra-t-il conserver son indépendance (précaire, certes, mais réelle) face à la pression de la pub ? L'heure, dans les deux quotidiens, est en tout cas à la restriction des coûts, notamment salariaux et de fonctionnement, même si on n'en est pas au stade du plan social.
François GILLET (www.lepiratedelareunion.net)




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