La solution est toute trouvée: va falloir se serrer la ceinture! Les gros banquiers, les affairistes, les grands patrons, les hauts fonctionnaires, le Président, les ministres, députés, sénateurs, ... Là où règnent des primes faramineuses, des salaires mirobolants, des privilèges impensables seront encore une fois épargnés, puisqu'ils font partie des décideurs. La crise du système capitaliste mondial n'en finit pas de gangrener la vie économique et sociale de l'ensemble des peuples de la planète: une crise mise en oeuvre par les spéculo-financiers des grands pays industrialisés et soutenue par les politiques. L'équilibre est définitivement rompue. A partir de là, serrer la ceinture de ceux d'en bas représente encore une fois la solution miracle. Suffit de feuilleter le petit livre bleu ...
Il y a eu le petit livre rouge de Mao Tsé Tung, le vert de Kadhafi. Voici le bleu de Nicolas. Généralement, ce type d’ouvrage sert à la propagande des élites quand elles sentent, quelque part, qu’il faut à tout prix convaincre le peuple du bien-fondé de la politique décidée en haut lieu. En effet, l’absence d’une réelle démocratie participative et le peu d’écoute des personnes directement concernées par les réformes entraînent une véritable coupure entre le vécu des gens et la vie souvent dorée de ceux d’en haut. Financiers, PDG, ministres, hauts fonctionnaires, députés, sénateurs, … tout ce joli monde enfermé dans sa bulle n’a, jusqu’à présent, aucune idée de ce que peut être une fin de mois difficile. Ne pas pouvoir s’acheter ce que l’on désire pour améliorer le quotidien de ses enfants, compter sans cesse pour éviter d’être dans le rouge sont des comportements classiquement attribués aux classes sociales défavorisées. Aujourd’hui, les classes moyennes sont atteintes par ce processus et la solution trouvée par le 1er ministre serait de réduire de 10% les dépenses de l’état. Comme d’habitude, cela va se traduire par moins de fonctionnaires, moins de service public, une stagnation voire une diminution des salaires et des retraites. Alors que dans les ministères, à l’Assemblée ou au Sénat, circulent des avantages considérables : primes, logements, salaires, voitures, … Et lorsqu’on ajoute à cela ce que nous coûtent les députés européens, les déplacements, les visites et réunions internationales, on est en droit de se demander : qui profite et qui galère ? L’expression « se serrer la ceinture » est à l’ordre du jour quand les gouvernements ne savent plus comment faire pour, d’une part, ne pas toucher au train de vie de ceux d’en haut et, d’autre part, ponctionner en douceur les acquis salariaux et sociaux de ceux qui font tourner l’usine « France ». Or, ces derniers, informés de la façon dont fonctionne le système financier mondial – en privilégiant la spéculation --, n’acceptent plus, à l’image du peuple Grec, d’être pris pour des vaches à lait. Les sondages expriment une perte totale de confiance et un ras-le-bol. Aussi, pour contrecarrer cet état d’esprit, les conseillers de l’Elysée n’ont pas trouvé mieux que de publier un petit livre bleu qui sera probablement jeté dans les poubelles de l’histoire comme l’a été celui de Luc Ferry, ministre à l’époque de l’Education Nationale. La crise est loin d’être finie et les mensonges gouvernementaux ne pourront pas cacher la réalité du terrain : la France va mal, l’Europe va mal. Il est temps d’inverser notre vision des choses de ce monde …